Un BJ c'est un moteur "increvable" sur un châssis "indestructible". Les pièces mécaniques
sont de dimensions "camion" ; pour s'en convaincre, jetez un œil aux ponts,
disque d'embrayage et autres mâchoires de freins, et allez comparer avec ceux d'un
Santana ou d'un Wrangler et autre Laredo. (Sans prétention ni "racisme" : car
je pense que ces véhicules ne "jouent" pas dans la même catégorie ).
Rapide description des pieds à la tête :
* les jantes d'origines sont de 16' (ce qui augmente les capacités de franchissement) et
cerclées (pour une meilleure résistance aux chocs). A équiper de pneumatiques
"mixtes" ou "tout-terrain" suivant l'utilisation principale que vous faites
du véhicule. L'idéal étant de posséder 2 jeux de roues différentes.
* Suspensions et amortisseurs : ici on fait plus dans la robustesse que dans le confort ; donc
4 packs de lames - renforcées par des sous-maîtresses sur les châssis moyens et longs -
Les amortisseurs d'origines sont de bonne qualités (presque incassables, malgré des "sauts"
sans avoir les ponts sanglés. Ceci grâce aux lames qui encaissent
" le gros du choc") ; Arrivés au terme de leur durée de vie, ils pourront être
remplacés par du matériel plus moderne, Bilstein par exemple.
Si vous avez les moyens, vous pouvez également remplacer le tout par un Kit suspension
du type OME (australien) ; évitez certains Kit américains qui rehausse trop la caisse et
engendre des contraintes mécaniques néfastes pour les croisillons d'arbres de transmissions.
* Les moyeux du train avant sont manuellement débrayables, minimisant ainsi la consommation
et l'usure de cette partie mécanique. De part l'absence de différentiel inter-pont, il est
fortement déconseillé de rouler sur du goudron sec avec ces moyeux enclenchés : les roues
avants et arrières ne passent pas exactement au même endroit dans les courbes (hé oui !)
* Moteur : sans vouloir entrer dans les détails, les moteurs B et 3B se caractérisent
par une robustesse rarement égalée, une puissance honorable
(80 Ch. Din pour le B et 90 pour le 3B) et un couple impressionnant (19,1 m.daN à 2000trs/mn
pour le B et 21,6 pour le 3B)
*Le moteur 3B a impliqué le montage d'un démarreur imposant, nécessitant une alimentation
en 24 Volts. Ce voltage s'étant appliqué à toute la série, vous verrez rarement
(mais ils existent) des BJ en 12 Volts.
Donc, 2 batteries en série et tout l'appareillage est en 24 Volts (des ampoules aux
essuie-glaces, en passant par l'allume-cigares) ; alors ne faites pas l'erreur de brancher
votre autoradio sur le contact...
* La carrosserie est métallique et l'on distingue 3 types : Tôlé, bâché ou Pick-up.
A noter que les châssis moyens (BJ 43 et 46) fabriqués pour la France sont tous en
version bâchée d'origine et qu'il existe aussi une version cabine 5 places + plateau pour
les châssis longs.
Voilà ; cette description est un peu sommaire et pour plus de détails, procurez vous
la revue technique.
LES POINTS FORTS/LES POINTS FAIBLES
Je me répète : le BJ est "un char d'assaut". Il a d'ailleurs été conçu à la
base, pour être un engin militaire : très robuste, mais pas fait pour durer éternellement
(un obus est si vite arrivé...)
Donc, la robustesse moteur et "partie-cycle" est phénoménale mais le gros
ennemi de la carrosserie est la rouille car certains endroits sont propices à la
"rétention d'eau" ; notamment les passages de roues arrières et les bas de
portière. C'est là que se situe mon plus grand regret concernant ces véhicules : leurs
concepteurs auraient dû prévoir une caisse aluminium, comme celles des LandRover (ancien
comme les 109 ou récent comme les Défenders).
La plupart des voitures pourraient perdurer avec des moteurs successifs dans la même
carrosserie, c'est plutôt l'inverse avec les BJ...
Autre point fort après la robustesse: les aptitudes en tout-terrain. Avec son couple énorme,
la faible largeur du véhicule et sa résistance dans les "passages en force", le
BJ est impressionnant dans les franchissements
Autre point faible : le système électrique, avec bon nombre de relais, condensateurs,
temporisateurs de préchauffage et système EDIC, de petite défaillances peuvent survenir
mais le plus souvent facilement réparable.
Enfin, le BJ est caractérisé par sa rusticité : c'est simple et efficace ; mais ca secoue
et c'est bruyant. Alors, inconditionnel du confort s'abstenir !
MES CONSEILS D'ENTRETIEN (EN VRAC)
Le meilleur atout étant l'expérience, vous ne connaîtrez pas tout sur les BJ
en quelques lignes. Je vais vous livrer ci-dessous (et en vrac), quelques conseils sur des
problèmes qui m'ont fait galèrer ou dont j'ai constater la fréquence sur ces engins.
Contactez moi si vous voulez savoir quelque chose, je pourrai (peut-être) vous aider.
* Si vous voulez que votre BJ vous mène au bout du monde, respectez les vidanges et les
graissages ! Changez les filtres à huile et gasoil au moins une fois sur deux vidanges et
n'utilisez pas de l'huile trop bas de gamme.
Il y a 17 graisseurs (sur le châssis long), donc investissez dans une bonne pompe à graisse
et attention à ne pas trop remplir ceux des arbres de
transmissions "télescopique".
*Une pièce est apparemment fragile sur certain modèle : le joint entre la boite de transfert
et la boite de vitesse. Avec le temps, il arrive que celui-ci se mette à fuir. L'huile
passe donc d'une boite à l'autre --> plus assez d'un coté (risque
de chauffe des engrenages) et trop de l'autre (risque de surpression, adieu joint-spi). Donc,
à surveiller, même entre les vidanges de boites : ouvrez les bouchons de remplissage pour
constater un éventuel trop-plein significatif.
* Une fumée d'échappement anormale, avec un régime de ralenti qui s'emballe ?
Il y a bien des chances pour que la membrane du régulateur de pompe à injection soit percée.
* Vidanger régulièrement le système de refroidissement, mais n'utilisez pas trop les
"détartrants radiateur". Malgré ce qu'ils disent sur leur flacon, je crains que
ca flingue les joints de la pompe à eau. Et bien sur, pas d'eau dans le système, mais du
liquide de refroidissement !
* Si possible après chaque sortie tout-terrain, où vous vous serez allègrement
vautré dans la boue, passez un bon coup de Karcher sous le véhicule et sous le capot.
Et de temps en temps, faites un fioulage : mélange 50 % de gasoil et 50 %
d'huile de vidange, à pulvériser au vaporisateur sur le moteur et le châssis.
* Si vous avez à brancher plusieurs appareils électriques fonctionnant en 12 Volts (autoradio,
CB etc...) achetez un dévolteur 24 --> 12volts avec l'ampérage adéquat ; plutôt que de
vous brancher sur la 1ere batterie. Vous éviterez ainsi de tirer inégalement sur les deux
batteries, ce qui écourte considérablement leur durée de vie.
* Les jantes cerclées ont l'avantage d'encaisser sans broncher les chocs les plus rudes.
Par contre en cas de crevaison à vive allure, la chambre à air se dégonfle instantanément
(c'est pas du Tubeless !) et le cerclage risque de "bouffer" l'intérieur du pneu.
Alors, arrêtez vous rapidement (sans vous foutre en l'air quand même !)
* Si le moteur ne s'arrête plus lorsque vous coupez le contact, ou s'il ne démarre pas
malgré un lancement normal du démarreur (et un préchauffage correct) : Vérifiez les
branchements à la borne de la deuxième batterie : l'alimentation électrique du
système EDIC de la pompe à injection est peut-être coupée.
* Les Silentblocs de jumelles des lames de suspension sont en caoutchouc ; si elles sont
usées et que vous devez les changer, optez pour celles en Téflon qui sont pratiquement inusables.
C'est tout pour aujourd'hui. Le reste suivra lors des futures mises à jour de ce site.
MES CONSEILS POUR LA CONDUITE ET LE VOYAGE
1) Sur route : Sur beaucoup de BJ la direction est directe (non assistée) et
peut sembler "flou" au premier abord. Mais, après une rapide prise en main,
on saura garder la trajectoire.
Les premiers temps, soyez prudent sous la pluie. En effet, en 4x2 ce sont les roues
arrières qui sont motrices et si l'on attaque un peu fort les virages sur un goudron
glissant, le "cul" risque de vouloir doubler la tête ; quand on s'y attend
c'est amusant, mais si c'est involontaire ça peut mal finir.
A mon avis, la vitesse de croisière sur autoroute se situe autour des 115 Km/h. Avec
l'habitude votre oreille vous confirmera le régime moteur idéal. J'avoue conduire en
me fiant plus au témoin de température qu'au compteur de vitesse.
2) En tout-terrain : la pratique est la meilleure école et je ne ferai pas ici un cours
de conduite off-road; vous trouverez bien un collègue pour vous indiquer les règles de bases :
comment aborder un obstacle, négocier un dévers ou, que faire lorsqu'on a calé au milieu
d'une montée bien raide.
Je vous donne juste 1 ou 2 conseils propres aux BJ :
* Ne laissez jamais traîner une main à l'intérieur du volant : avec la direction directe, une
pierre à vite fait de faire dévier les roues avant, engendrant un retour de volant qui
peut vous fouler un poignet ou casser un pouce.
* Ce véhicule est équipé de lames et non pas de ressorts, ce qui entraîne un
débattement de faible amplitude ; de plus il ne possède pas de blocage de différentiel
inter-roues. Donc, pour éviter de rester planté dans un croisement de pont, la technique
employée sera un peu plus "en force" qu'avec un Mercedes ou un Pajero. Alors
n'hésitez pas à "envoyer la sauce" là ou d'autres passent plus en souplesse.
Vous pouvez également supprimer la barre stabilisatrice reliant les roue arrières, afin
de gagner en débattement, mais lors du retour sur le goudron vous aurez l'impression de
conduire une barque de pêcheur...
3) En voyage : Le BJ est idéal pour partir en vacances en toute quiétude, alors
n'hésitez pas !
Je pense qu'un des lieux de prédilection de cet engin est l'Afrique ; ne serait ce que le Maroc
avec ses pistes roulantes ou caillouteuses et ses dunes, aux portes du désert ou au bord
de l'Atlantique.
Si vous ne partez qu'à un seul véhicule et que vous allez un peu vous éloigner des
sentiers battus, prévoyez les plaques de désensablage (en alu. c'est moins lourd) ainsi qu'un
cric à air (si votre ligne d'échappement est en bon état...) car les crics traditionnels
sont inefficaces dans les sols mous.
Un bon p'tit outillage est rassurant, même si pour ma part j'ai roulé 2 fois 10.000 Km au
Maroc (et je ne compte plus en Europe) sans avoir sorti un outil, si ce n'est pour les
vidanges, les crevaisons ou les ensablements. Donc, même si l'on n'est jamais à l'abri
d'une p'tite panne, inutile d'emmener une remorque de pièces détachées...
CONCLUSIONS
C'était donc, en quelques lignes, un tour d'horizon sur les BJ. Si vous constatez
une omission ou une aberration, n'hésitez pas à me contacter pour que j'effectue
les corrections.
Avec un peu d'entretien et pas trop de malchance, votre BJ devrait atteindre allègrement
les 500.000 Km sans réparation exorbitantes.
Dernier point : Parlons Pognon !
La fabrication des BJ à cessée depuis 1986 alors n'espérez pas en trouver un neuf (quoique
j'aie entendu dire qu'ils avaient repris la construction en Amérique du Sud, mais avec
une motorisation Mercedes).
Le budget à prévoir pour une bonne occasion se situ entre 30.000 et 60.000 Francs français
suivant les régions. Les meilleures affaires se trouvent en Belgique mais impliquent
le Passage aux Mines avant l'immatriculation française.
Le prix des pièces détachées chez TOYOTA est souvent élevé, mais ce n'est pas une généralité.
Alors renseignez vous toujours avant.
En exemple : chez TOY, un petit fenestron latéral (pour un "tôlé") ou un cabochon de feu
arrière vaut moins de 100 Francs. Mais un câble d'accélérateur (indissociable de sa
gaine) dépasse les 600 Francs.
Certaines pièces trop onéreuses chez le fabricants pourront être remplacer par de
"l'adaptable".
Exemple : les packs de lames peuvent se trouver dans une fonderie de pièces pour
poids-lourd.
MON BJ A MOA

Il s'appelle "Le Grand Bleu". C'est un BJ 45 de 1983 que j'ai acheté d'occasion
en 1990. Il avait alors 90.000 Km et j'en suis aujourd'hui (octobre 98) à plus de 300.000 Km
Je n'y ai pratiquement pas fait de frais (mis à part le "consommable" :
Pneus, Durits, courroies etc...)si ce n'est la pompe à eau, l'émetteur d'embrayage
et la ligne d'échappement.
Les pièces qui ne sont pas d'origines : 4 amortisseurs Bilstein. Siège conducteur à suspension
hydraulique (Bolstroëm). Clignotants avant de camion Berliet.
J'ai fabriqué une structure intérieure amovible, me permettant de le transformer en
mini/camping-car pour les voyages.
Mais ce véhicule ne me sert pas que pour les loisirs : Je l'utilise quotidiennement pour mon travail
et c'est un formidable engin de chantier.
J'espère vous croiser un jour au volant d'un BJ ; et si ça arrive, faites un appel de
phare : je ne manquerai pas d'y répondre.
Yanis